Médecine
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#Covid19 … et après ?

QUEL IMPACT SUR LA SANTE DES FRANÇAIS ET SUR LEUR SYSTEME DE SANTE ? 

Nous sommes en pleine crise de Covid-19, en plein confinement, tout le monde regarde les chiffres alarmistes du nombre de morts quotidiens, à l’échelle de sa ville, de sa région, du pays, des continents. Chacun écoute des nouvelles sur la dégringolade des bourses, les indices qui chutent dans des précipices, certains se lamentent, d’autres en profitent pour faire des profits rapides à bas coût…

Mais après cette crise, lorsque le virus finira par arrêter de martyriser le globe, au moins pour quelques mois, que ferons-nous de cet épisode ? Quels enseignements tirerons-nous de ce qui se passe actuellement ?

Système de santé

La crise du COVID-19 a montré que la structure actuelle des hôpitaux, cliniques et de tous les moyens mis en place en France n’étaient pas prêts pour faire face à une crise telle que celle-ci. Manque de moyens humains, manque de moyens techniques (nombre de lits disponibles, équipements de réanimation, équipements de protection, quantité de médicaments disponibles). 

L’après crise devra revoir la façon dont la santé est organisée en France. De fond en comble. Cela prendra du temps, cela coûtera cher, mais cela sera nécessaire pour éviter que se reproduise une crise similaire avec les mêmes résultats.

L’analyse devra comparer les systèmes mis en place dans d’autres pays avec de meilleurs résultats comme la Corée, Taiwan, Singapour, l’Allemagne, et d’autres pays qui ont eu une moindre crise face au même virus. Comment étaient-ils organisés, quelles étaient leurs solutions ?

Situation dans les EHPAD

Comme lors de la canicule de 2003, la crise du covid-19 a montré l’incroyable fragilité de la structure des EHPAD en France.

Plusieurs aspects sont criants : le manque de personnel soignant, le manque d’équipements de protection, le manque de management de crise, le manque d’outils de surveillance à distance des paramètres vitaux, le manque d’outils technologiques modernes que ce soit pour généraliser les télé-consultations, maintenir le lien avec les familles en utilisant les outils de communications vidéo afin d’éviter la sensation d’abandon lorsque les visites ne sont pas possibles mais surtout pour éviter des visites qui pourraient importer le virus.

Lorsque l’on entend parler des prix mensuellement payés par les familles de ces résidents, on ne peut que s’étonner du manque de moyens de ces entreprises.  

Transformation et revalorisation des métiers

L’un des constats principaux de cette crise est que certains des métiers autour de la santé ne se sont pas adaptés au fil des années et qu’ils devront être transformés après cette crise.

Afin de mettre en place la continuité des soins alors que les patients avaient peur de venir dans une salle d’attente, ou bien qu’ils ne pouvaient plus se déplacer, il va falloir généraliser la télé-médecine, y compris en ville, et ne plus réserver ce moyen à des régions peu pourvues en médecins. Cela implique des moyens techniques, des procédures, mais aussi la formation des médecins à ces nouvelles technologies et aux procédures de consultations.

Nous avons aussi constaté au cours de cette crise l’incroyable manque de moyens mis en place en France dans services d’urgences. Heureusement que les hôpitaux ont réussi à se mobiliser en déprogrammant un grand nombre d’interventions chirurgicales prévues et en transformant un nombre de lits avec des moyens de réanimation pour doubler le nombre de lits et passer de 5000 à 10.000 lits de réanimation. Mais cette multiplication de lits a forcément mis en évidence le manque de personnel de soins, des urgentistes aux infirmières en passant par les anesthésistes. 

Le gouvernement prévoyait une réforme de transformation, de concentration des moyens, de réductions des budgets… mais avec une crise pareille il va falloir oublier ce plan et revoir toutes les hypothèses de base, et le directeur de l’ARS grand Est en a été la première victime après ses déclarations sur la restructuration du CHU de Nancy.

Industrie pharmaceutique

Concernant l’industrie pharmaceutique, certes une entreprise n’est pas une œuvre de charité, mais certaines industries stratégiques doivent pouvoir contrôler leur production et pouvoir apporter immédiatement, localement, la réponse industrielle nécessaire, sans dépendre majoritairement de moyens se trouvant à l’autre bout du monde. 

Est-ce à l’État de reprendre le contrôle ? Est-ce via un partenariat entre l’État et les entreprises ? Tout devra être imaginé mais des solutions pérennes devront être trouvées pour que la France reprenne localement la maitrise de ses productions stratégiques.

Où sont les startup de la FrenchTech ?

Depuis quelques jours nous voyons des reportages sur les « makers », ces imprimeurs en 3D, qui fabriquent des masques ou des valves adaptables à des masques Décathlon pour les convertir en respirateurs, mais que font nos startups de la FrenchTech ?

Il y a quelques jours, un groupe créé au sein de la FrenchTech, l’Alliance digitale contre le Covid-19, a annoncé la création d’un site d’auto-diagnostic. Le but de ce site est de désengorger le 15 en offrant un questionnaire d’auto-évaluation.

L’une des startup Française, Withings, a rejoint l’alliance afin de participer à l’effort des startup Françaises, a offert des thermometres aux hopitaux et a commencé à participer à des initiatives pour contribuer à la lutte contre le Covid-19. L’une des pistes de recherche est d’adapter leur montre , ScanWatch, capable de mesurer le taux de saturation en oxygène, afin de mesurer d’autres signaux faibles causés par le covid-19 et ainsi de ne se rendre en hopital que si cela est vraiment nécessaire.   

Dans ce domaine, une autre solution Française, le patch MyAngel développé par Inomedis pourrait être d’une grande aide pour surveiller à distance les constantes cardiologiques et pneumologiques des patients déclarés positifs mais restant confinés à domicile en attente d’une amélioration ou en cas de dégradation d’hospitalisation. Une communication est prévue depuis Montreal Jeudi 9 Avril à ce sujet.

Au-delà de ces deux exemples, et il y en a sûrement d’autres, pourquoi ne pas s’inspirer de l’exemple Israélien pour faire face à cette crise ?

J’ai vu il y a quelques jours un reportage sur l’hôpital  Sheba de Tel Aviv qui, en collaboration avec les startups Israélienne, a créé dès le mois de Janvier 2020 un projet, Covid Sprint, regroupant médecin, informaticiens et ingénieurs pour trouver des solutions et tenter de freiner l’expansion de la pandémie. Ce projet fait des recherches dans les domaines du soin, du diagnostic et de la médecine numérique. 

L’une des solutions de ce projet dans le domaine de la protection des personnels soignants, ne consiste pas à des moyens de protection physiques, mais, comme pour la ScanWatch et le patch MyAngel, à des moyens de détection en temps réel de l’évolution des symptômes des patients et de la transmission de ces résultats au personnel soignant, évitant ainsi les contacts directs entre personnel soignant et les patients atteints. Une autre piste développée par l’institut Weizman est d’utiliser l’analyse de questionnaires (remplis par 250.000 habitants répartis sur le territoire) pour identifier dans quelle ville, dans quels quartiers il y a des malades. Une fois les porteurs éventuels identifiés, ceux-ci sont testés, s’ils sont positifs ils sont mis en quarantaine afin de bloquer le virus avant qu’il ne se propage.

Ces exemples israéliens montrent que la collaboration entre toutes les sciences, médecines, statistiques, informaticiens permet d’obtenir des solutions créatives et innovantes.

Peut-être faudrait-il inciter plus ce type de collaboration en France ou même au sein de l’Union Européenne.

Mondialisation et dépendance interplanétaire ? Repli sur soi ou organisation mondiale vraiment collaborative ?

Au cours de cette épidémie et de la crise mondiale qui en est la conséquence, nous avons vu, à commencer par la France, combien l’organisation actuelle basée sur les profits et la recherche de la production au moindre coût rendaient nos économies fragiles.

Que ce soit pour les masques de protection, pour la fabrication de tests de dépistage ou pour la fourniture de certains médicaments comme le curare, nécessaire pour la gestion des comas artificiels, la France, 6e économie mondiale, est incapable de fabriquer localement ses masques, ses tests de dépistages rapidement ou de produire le curare en quantité suffisante, que ce soit par manque de lignes de production locales ou par manque de matières premières. Un exemple criant aujourd’hui est celui des masques de protection pour lesquels, sous prétexte que la Chine pouvait en produire massivement, un gouvernement a choisi en 2013 de ne pas maintenir, ni de renouveler les stocks de masques de protection.

Sous prétexte que certains matériels reviennent moins chers à produire ailleurs, principalement en Asie, certains laboratoires ne sont plus capables de produire en France ou en Europe des produits essentiels au maintien de la santé des Français et des Européens, en quantité suffisante.

Une fois constatés ces « petits » désastres qui s’ajoutent à l’imprévoyance de situation de crise, vers quoi allons-nous nous diriger ? 

Plusieurs choix vont s’offrir aux gouvernements et aux organisations comme la Communauté Européenne. Soit nous allons vers un repli nationaliste où chaque pays va vouloir reprendre le contrôle de son économie et de ses productions industrielles de base et stratégiques, soit, au contraire, les états vont aller vers une meilleure répartition coordonnée des responsabilités de production à l’échelle des continents ou mieux, à l’échelle mondiale. Je note d’ailleurs le silence assourdissant de l’ONU pendant cette crise…. 

Une autre alternative serait malheureusement de ne rien changer du tout et de continuer la recherche du profit sans vraiment chercher la sécurité sanitaire des habitants. Mais dans ce cas une autre crise produirait alors les mêmes effets.

Organisation du travail

L’organisation des entreprises va devoir changer. Soit parce que la crise aura mis en évidence leur fragilité, soit parce que l’organisation mise en place pendant la crise aura démontré l’efficacité d’une autre façon de travailler.

Mais après la crise, comment va se passer la reprise ? Comment les entreprises vont-elles s’y prendre pour rassurer les employés qui vont devoir, un jour revenir dans des locaux pas forcément adaptés aux contraintes qu’il faudra mettre en place lors du déconfinement.

Au dela du télé-travail qui pourrait enfin prendre plus de place dans les organisations, il va falloir revoir beaucoup d’aménagement d’entreprises (la fin des open spaces ?) afin de sécuriser les lieux de travail.

Heureusement il n’y a pas que des mauvaises nouvelles. Beaucoup d’entreprises étaient correctement structurées pour s’adapter rapidement à la nouvelle situation et au télé-travail massif de leurs employés. Ces organisations, si elles n’empêchent pas une baisse des revenus, démontrent qu’une organisation délocalisée des salariés est possible et peut même être efficace. 

Pour beaucoup, les moyens modernes de communication permettent le maintien de lien entre les équipes et la continuité de l’activité. Jusqu’à présent, beaucoup d’entreprises n’étaient pas favorables au télé-travail. 

À la suite de cette crise, il serait souhaitable que la question d’une réorganisation basée sur plus de télé-travail se pose. La confiance doit être donnée aux employés et une grande majorité de ceux qui eux ont la possibilité, hors crise actuelle, de télé-travailler, savent bien qu’ils travaillent plus ces jours-là ; meilleure qualité de vie, gain de temps du fait de ne pas avoir à se déplacer, moins de stress, plus de calme, moins d’interruptions, maintien des moyens de communication.

Bien-être des individus

Les conséquences de cette période de télé-travail sont que pour beaucoup qui n’avaient jamais eu la possibilité d’en faire, cela a prouvé que c’était possible, que la communication avec les collègues et les clients n’était pas rompue voire même que cette communication était meilleure et plus régulière ; que les projets avançaient, que l’on économisait beaucoup de temps de trajet et donc de carburant, que ce temps pouvait être utilisé différemment (et souvent bien mieux !) pour soi, en lisant, en faisant du sport, de la gym, du yoga, en étudiant ou en s’occupant de nos familles.

Il faut alors se demander pourquoi ne pas utiliser cette expérience pour revoir notre façon de travailler et donc de vivre au quotidien avec un meilleur équilibre entre notre temps de travail et notre temps personnel.

Et si l’on gardait le bon du confinement ? 

En effet cette période de confinement a apporté de bonnes choses. Se concentrer sur des produits Français et consommer-produire Français, laisser à la nature une partie de la place qu’elle a reprise, observer les bienfaits de cet arrêt de tous les trafics (aériens, voitures, croisières,…) et constater l’impact climatique et la baisse de la pollution globale.

Les grandes et moyennes surfaces se sont recentrées vers des fournisseurs français, nous avons tous eu besoin de structurer nos efforts et beaucoup ont commencé (ou recommencé) à faire un peu de sport et de maintien en forme à la maison, certains ont commencé à parler à leurs voisins et à s’entre-aider, certains se sont portés volontaires pour participer à des actions au profit de la collectivité.

Du coté de la célèbre créativité Française, la mise en action de nos cerveaux brillants, la créativité de nos ingénieurs et l’utilisation de moyens technologiques adaptés ou détournés de leurs fonctions initiales, ont permis de créer des machine de réanimation, des masques de protections, etc. Gardons cette dynamique pour créer ou renforcer les moyens de recherches des pôles rassemblant des chercheurs de tous horizons. Du brassage d’idées nait la créativité. 

Lors de la reprise, il ne faudrait pas oublier tous ces éléments positifs, cette crise n’aurait alors servi à rien. 

Et après ?

Et n’oubliez pas…. Ce qui se passera dans l’avenir après la fin du confinement n’est pas uniquement entre les mains de nos décideurs. Ce que nous avons appris, chacun individuellement pendant cette crise, il ne tient qu’à nous d’en tenir compte et de faire en sorte que nous soyons tous des colibris apportant notre goutte d’eau pour éteindre l’incendie.


© YLawrence/Pixabay.com 

D’autres articles et sujets de réflexion :

– Situation des EHPAD : manque de personnel soignant – non utilisation de la téléconsultation et des outils de surveillance à distance des paramètres vitaux, des nouvelles technologies – développement de la silver économie https://www.economie.gouv.fr/entreprises/silver-economie-definition (la canicule avait fait avancer les choses en matière d’hydratation et de climatisation…)

– Aidants : revalorisation de leur rôle auprès des personnes des 3e et 4e âge maintenues à domicile 

– Télé médecine et autres (1ere partie de l’article) : https://www.theconnectedmag.fr/teleconsultation-toktokdoc/

– Hygiène : les français vont j’espère continuer de se laver les mains…

– Revalorisation du sport > pour éviter le confinement au départ mais qui restera une habitude sur certains = moins de problèmes cardiovasculaires

– Pneumologie : diminution de la pollution https://www.notre-planete.info/actualites/4644-coronavirus-pollution-Chine ——— https://www.sciencealert.com/here-s-what-covid-19-is-doing-to-our-pollution-levels. et rapport de 2012 http://campus.cerimes.fr/anatomie-pathologique/enseignement/anapath_6/site/html/cours.pdf

– Psychiatrie : hausse des consultations > stress dû au confinement 

– Recherche et formation accentuées sur les zoonoses  https://www.theconnectedmag.fr/zoonoses-healthvet-innovation/

– France, patrie de Pasteur https://www.pasteur.fr/fr/centre-medical/fiches-maladies/coronavirus-wuhan mais jusque là un financement a minima de la Recherche scientifique 

– Revalorisation des militaires et de la médecine catastrophe  : hôpitaux de campagne, évacuations etc

– Revalorisation de la médecine d’urgence et catastrophe https://www.theconnectedmag.fr/formation-icrisis/ —— https://www.theconnectedmag.fr/medecine-catastrophe-jan-cedric-hansen/ (article de 2017 + que d’actualité) —— et autres articles https://www.theconnectedmag.fr/category/medecine-durgence/

– Collaboration accrue entre les labos  https://www.zonebourse.com/APTORUM-GROUP-LIMITED-49518117/actualite/Aptorum-Le-Groupe-Aptorum-collabore-avec-Covar-Pharmaceuticals-pour-etudier-au-moins-3-candidats-m-30277709/?utm_content=20200330

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Actionnaire et membre du Comité de Direction SAs Connected Mag

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