AI
0

Au coeur des révolutions de la santé

2017 arrive, son lot d’échéances électorales avec. Alors que l’industrie pharmaceutique est souvent malmenée, nous en parlions au Festival de la Communication Santé de Deauville, elle veut remettre la santé au coeur du débat. Sujet primordial dans le quotidien des français, la santé a trop souvent été oubliée (au même titre que d’autres thématiques comme l’environnement) dans les différents débats, primaires et autres programmes.

Pour attirer l’attention des politiques et de la presse sur les grands enjeux de la santé de demain, le Leem organise donc à Paris son grand événement Pharmacité. Avec un plateau d’intervenants de très haut niveau et des sujets abordés très variés. De l’innovation thérapeutique aux enjeux économiques. Retour en quelques focus sur une journée très riche.

Les défricheurs et l’innovation pour ouvrir les débats

Le format choisi pour cet événement était hybride : pas vraiment un congrès, des tables rondes et des sessions en solo proches d’un TedX. Des grands témoins derrière un pupitre, ou, en direct depuis la Floride, la magie de la technologie faisant son travail à plein. La première session consacrée aux défricheurs et à l’innovation était très bien menée et passionnante de bout en bout.

Il faut dire que les intervenants étaient tous des éminents spécialistes chacun dans leur domaine. Pour démarrer c’est Marina Cavazzana, pédiatre et hématologiste à Necker, pionnière en matière de thérapie génique qui a captivé la salle avec un exposé très clair sur la situation de ces techniques aujourd’hui.

La réalité du terrain est là, les innovations thérapeutiques aussi. L’objectif était de sensibiliser à l’importance des partenariats entre les différents acteurs de la pharma et du monde se la santé avec un état des lieux aussi encourageant que préoccupant. Encourageant du point de vue purement technique et médical. On pourra très bientôt, Marina Cavazzana nous l’a confirmé, réparer une mutation génétique.

Préoccupant ensuite car, pour Marina Cavazzana, la France commence à prendre du retard sur la question. Nous y reviendrons.

L’intelligence artificielle est bien là

Pour accompagner le développement de ces nouvelles thérapies un partenaire est particulièrement important : l’informatique. La data, l’intelligence artificielle, toutes ces technologies qui font parler d’elles depuis plusieurs années déjà entrent aujourd’hui dans le parcours de soin. Il faut dire que la santé et le bien-être sont des pans de nos vies qui génèrent beaucoup de données. Le patient accumule des milliers de données lors de son parcours dans le système de santé, en plus de ce qu’il peut mesurer par lui même. Tests sanguins, taux de glycémie, radiographies, examens biologiques complets, la data récoltée est sans fin.

Si on ajoute à cela la multitude d’essais cliniques et de publications médicales qui sortent chaque jour, on comprend bien que le médecin, généraliste comme ultra-spécialiste, va avoir besoin d’un coup de main. Il viendra sans aucun doute de l’intelligence que l’on peut mettre derrière cette masse de données. Une intelligence qui pourra les structurer, les analyser, et au final aider le médecin dans sa pratique quotidienne.

C’est ce qu’a présenté Pascal Sempé, responsable pour l’Europe de la division santé d’IBM Watson dans sa session sur Pharmacite. Une intelligence qu’il décrit plutôt augmentée qu’artificielle, comme une véritable aide au quotidien et non pas comme un remplaçant du professionnel de santé. Une démarche qu’il avait développé pour nous dans un épisode de Regards Connectés que vous pouvez visionner ici https://youtu.be/L7f9BESM_HY

Le patient et ses données, au coeur de la santé de demain

Si le deep learning et l’intelligence artificielle permettront d’assister les médecins comme jamais auparavant et d’aller plus vite dans le processus d’innovation thérapeutique au service de certaines pathologies, le patient doit devenir central dans la réinvention de l’industrie dans son ensemble.

Avec la démocratisation des objets connectés de santé et des applications de suivi, le patient est un acteur majeur en matière d’étude de l’efficacité des médicaments et dispositifs médicaux. En vie réelle plutôt que lors d’essais cliniques. Évaluer l’efficacité du médicament dans le temps peut révolutionner pas mal de choses dans une industrie encore jugée trop opaque.

Le patient est à coup sûr la pièce maîtresse dans ce nouveau paradigme de la santé de demain. Anne Buisson en parlait d’ailleurs encore très bien :

Le glissement sémantique du “malade”, que l’on doit soigner à tout prix avec une molécule ou un traitement médical froid et impersonnel, vers le “patient” que l’on accompagne vers la guérison est en bonne voie. Pourvu que ça dure ! Car c’est en prouvant l’efficacité de ces partenariats gagnant-gagnant que les patients seront sans doute un peu moins craintif au sujet de la confidentialité de leurs données de santé.

La France a tout pour réussir, ou presque

C’est en substance ce que j’ai pu retenir de la matinée d’échanges que j’ai pu suivre en direct depuis mon canapé. Nous avons en France des chercheurs et des centres experts de très haut niveau. Des spécialistes de l’éthique prêts à relever le défi des grandes questions qui vont se poser, et se posent déjà, autour de l’humain réparé ou augmenté. Mais que faire pour que l’innovation aille plus vite, tout en incluant les patients et en assurant la pérennité d’un système déjà largement déficitaire ?

Comme le disait très justement Jean Leonetti, député et spécialiste de la fin de vie, la vision du politique est trop étroite. Il est compliqué pour un politique de se projeter aussi loin sur des sujets aussi complexes. Ce n’est pas une nouveauté et en période pré-électorale on est plus que jamais au coeur du sujet. Pour le meilleur et surtout pour le pire en matière de prise de position et de vision claire. D’autant plus sur un sujet comme la santé qui est central dans le fondement même de notre modèle social.

Justement, la volonté politique est bien ce que le Leem souhaite impulser avec Pharmacite. J’espère que l’objectif aura été atteint, l’avenir proche des échéances de 2017 nous le dira. L’événement aura en tout cas permis d’initier un débat de qualité, sur tous les plans.

Partagez :
  • googleplus
  • linkedin
  • tumblr
  • rss
  • pinterest
  • mail

Thomas accompagne les PME et les grands comptes dans leurs transformations, avec le numérique en appui. Producteur de la série Regards Connectés (chaîne Youtube et podcasts), il explore notre avenir technologique pour vulgariser des sujets complexes sur la transformation de notre système de santé. Data, intelligence artificielle, suivez le guide.

Il y a 0 commentaires

Laisser un commentaire

Un avis ?
Laissez un commentaire !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Retourner en haut de page