Chirurgie
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Système 3D au pays du Soleil levant

Tokyo, le samedi 28 mars 2015

japan-innovationParmi les utilisations médicales de l’impression en 3D, plusieurs exemples ont mis en évidence combien cette technologie pouvait être précieuse dans le cadre de la préparation d’une intervention.

En cas d’opération très minutieuse, avec une difficulté d’accès de la zone à traiter ou devant une anomalie particulièrement atypique de l’organe concerné, la reconstruction de ce dernier en trois dimensions à partir des données de l’imagerie s’est à plusieurs reprises révélée un atout de taille pour les chirurgiens qui en ont fait l’expérience. Mais aujourd’hui, beaucoup estiment que ce recours à l’impression 3D pour l’affinement de la connaissance des organes ne doit pas uniquement relever du cas par cas et de situations exceptionnelles.

Plus vrai que nature

Les bénéfices de cette technologie dans la formation des médecins et professionnels de santé sont de plus en plus largement évoqués.

Ainsi, au Japon, la société Fasotec s’est spécialisée dans la constitution de modèles anatomiques, reposant sur l’impression en trois dimensions. Bien qu’ils aient été très largement améliorés, les modèles dont on dispose aujourd’hui sont loin de mimer à la perfection les véritables organes.

« Ils restent trop simples, les détails de l’anatomie ne sont pas toujours fidèlement restitués » considère le professeur Toshiaki Morikawa, professeur de médecine à l’université Jikei.

En reposant sur des données de l’imagerie, l’impression 3D permet de pallier ces défauts. Surtout, grâce aux très nombreux matériaux qui peuvent être utilisés par cette technologie, le « moule » ainsi obtenu ne se contente pas de restituer la forme et les détails anatomiques de l’organe, il permet également de mimer son poids, sa texture et même ses réactions à certaines manipulations.

Ainsi, des organes en trois dimensions mis au point par Fasotec ont la possibilité de faire écouler un « saignement « , en cas d’incision.

« Nos  modèles restituent la texture de l’organe et les saignements dans le but de faire réellement éprouver au praticien les conséquences de ses gestes », explique Tomohiro Kinoshita, fondateur de Fasotec.

La fin de la dissection ?

carac_photo_1Pour les praticiens japonais qui ont été confrontés à ces organes, l’expérience est souvent saisissante.

« Le toucher est similaire à celui d’un vrai foie » observe par exemple Maki Sugimoto, chirurgien, professeur à l’école de médecine de l’université de Kobe.

Pour lui les bénéfices d’une telle précision ne font aucun doute :

« Non seulement les jeunes en formation mais aussi les praticiens expérimentés peuvent tirer profit d’exercices avec ces reproductions », estime-t-il.

Le développement de tels modèles au Japon n’est sans doute pas un hasard.

Au pays du soleil levant, la dissection des corps à des fins de recherche ou d’observation est en effet quasiment inexistante.

La conviction bouddhique qui veut que la mort commence avec la décomposition du corps et qui affirme que la présence de tous les organes est nécessaire pour la réincarnation rend en effet particulièrement difficile cette pratique. Mais au-delà du Japon, dans les pays où le caractère éthique de la dissection est discuté, ces modèles en trois dimensions pourraient également être plébiscités.

Source photo : museedelhistoire.ca/japon/

jim      Source : ©http://www.jim.fr

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