Médecine
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Médecine 2.0 : juste après l’ère du Minitel !

La suite de la saga Médecine 1.0 puis 2.0 puis 3.0 du Dr Loïc Etienne. Le premier volet ici : Sans les ordinateurs, le génome humain n’aurait jamais été découvert

minitelLa médecine 2.0 est celle du savoir partagé entre ce même corps médical et le « non corps médical ». Ce savoir a pu être partagé grâce à la vulgarisation médicale fournie par les médias. De simple information unilatérale, elle est devenue grâce au minitel puis internet, et ceci en France, une relation bilatérale, le monde non médical pouvant pour la première fois faire remonter des informations au monde médical. Ce savoir partagé, cette « altérité » est né de la bilatéralisation de la relation médecin-patient.

Ce que le minitel avait en gestation, internet va le faire naître, grâce à l’irruption de « l’altérité ». Cette altérité, c’est d’abord le savoir du patient, dont la croissance individuelle apportée par internet ne fait qu’augmenter. Cette accession à la connaissance donne au patient le pouvoir qui va avec : celui de comprendre ce que le médecin était le seul à comprendre auparavant. Et comme le savoir du médecin décroit relativement au fur et à mesure que les connaissances de la médecin augmentent, le médecin au plan de la connaissance va perdre, depuis les années 2000, l’ascendant qu’il avait sur son patient.

Le patient devient sachant, certes seulement dans un domaine étroit qui est le sien, mais d’une façon parfois beaucoup plus étendue que le médecin. Face à ce pouvoir du médecin qui s’érode, les patients se regroupent en associations, partagent les informations, échangent les adresses, prospectent tous azimut.

C’est le début de la médecine 2.0.

Le pouvoir politique, pour une fois visionnaire, fait voter en Mars 2002 la Loi Kouchner, qui est le véritable passage à la médecine 2.0 : le patient devient propriétaire de son dossier médical, donc de son histoire, et finalement de sa maladie, le médecin n’en restant que le gestionnaire. La relation médecin-patient est alors devenue une relation à trois : le médecin, le patient, et le « savoir partagé », qui est l’un des aspects de « l’altérité ».

En effet ce savoir partagé est « autre », car il est multiple, venu de la connexion de millions de cerveaux par le truchement des ordinateurs : sites d’information, forums, bases de données médicales, second avis réel et virtuel.

La relation médecin-patient ne sera plus jamais ce qu’elle était, car le savoir partagé intervient dans le « colloque singulier » qui était le leur initialement. Nombre de médecins se plaignent de la phrase assassine de leurs patients, qui commence par « Docteur, j’ai lu sur internet…! ». Nombre de médecins deviennent ainsi jaloux de cet « autre ».

Mais cette altérité n’est pas que l’union des cerveaux, elle est aussi l’union des ordinateurs entre eux : « l’altérité », c’est désormais l’ensemble des données mondiales qui transitent par internet. C’est pourquoi il me semble que la médecine 2.0 est indissociable du web, un web en tant que pourvoyeur d’information, zone d’échange, et applicatifs intelligents. Ce sont ces applicatifs intelligents qui vont ouvrir la porte à ce que j’appelle la médecine 3.0. Certains de ces applicatifs existent déjà, la plupart sont à construire.

Rien ne peut exister dans ce domaine sans cadre juridique. Avant la Loi HPST et ses décrets d’application d’Octobre 2010, tous ceux qui faisaient de la médecine 3.0 sans le savoir exerçaient hors cadre juridique, règlementaire et assuranciel.

Quelques exemples :

  • Conseils médicaux par téléphone
  • Prescription à distance sans examen du patient
  • Régulation médicale assistée par des systèmes experts
  • Télésurveillance médicalisée (centre de dialyse surveillé par médecin distant par exemple).
  • Téléassistance
  • Téléexpertise

Les décrets d’application ouvrent la voie à la médecine 3.0, et il faut féliciter ici ceux qui ont contribué à lever les verrsou pour que ces décrets voient le jour : le député Lasbordes dont la Commission à laquelle j’ai eu l’honneur d’apporter mon éclairage en tant qu’expert en télémédecine, le Dr Jacques Lucas, Vice Président de l’Ordre National des Médecins.

Désormais, la voie est ouverte. Mais comme toute ouverture, il ne faut pas brûler les étapes au risque de catastrophes et de retour en arrière, et définir comment cette nouvelle médecine peut se mettre en place. C’est le rôle où très modestement ZeBlogSanté compte apporter sa pierre avec tous ceux qui souhaiteront y réfléchir.

A suivre : la médecine 3.0 !

Source : zeblogsanté.com
Source photo : theinnovationandstrategyblog.com

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Médecin urgentiste, expert en automédication et en télémédecine. Pdt fondateur de MIS Medical Intelligence Service - #santé 3.0 et #médecine 3.0

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