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Les patients auront-ils l’initiative de la santé 4.0 ?

teamLes patients auront-ils l’initiative de la santé 4.0 ?Les patients se représentent mieux le potentiel de la santé interconnectée, c’est en tout cas ce que montre une récente étude menée par Nuance communication.

A 97%, les patients plébiscitent l’utilisation de la technologie au sein de la consultation à condition que celle-ci ne vienne pas perturber l’attention que le médecin leur porte. 

Cette attention qui rentre dans le champ de ce que le Professeur Bringer, Doyen de la Faculté de médecine de Montpellier nomme la bien-traitance des patients est d’ailleurs une composante essentielle de l’adhésion du patient, à la création de l’empathie nécessaire pour permettre au praticien de rassurer, convaincre, accompagner.

En effet, mieux informés, organisés en association, les patients ne se contentent plus de recevoir de l’information descendante mais sont de plus en plus acteurs de leur santé.

Pourtant, l’étude, la connaissance du terrain et d’autres sources telles que le Conseil de l’Ordre ou les associations de patients montrent également que les patients se plaignent très largement du peu de temps que leur consacre leur médecin en consultation. La faute à un système de paiement à l’acte rémunéré 23€ contraignant les médecins à un rythme effréné de consultations durant en moyenne entre 13 et 17 minutes, mais également la faute à des tâches administratives chronophages et des saisies informatiques qui nécessitent que le médecin regarde son écran.

Parmi ces facteurs, certains sont ce qu’ils sont, et le médecin doit faire avec ou militer pour des évolutions de ses conditions de travail. Cependant, il en est un dans lequel la santé interconnectée peut apporter un mieux significatif : les temps de saisie, et donc d’attention captée par l’informatique.

Si l’on représente très schématiquement en simplifiant à l’extrême le dispositif, il ressemblerait à peu près à cela :

On voit tout de suite très clairement que la transmission des données d’un poste à l’autre vient limiter les saisies. De plus, chaque acteur de l’écosystème lui-même équipé de dispositifs connectés permettant de collecter de l’information structurée et de la reporter dans le dossier médical sans saisie et donc libérer de l’attention du médecin pour le bénéfice du patient.

Si l’on compte entre 3 et 5 minutes de saisie par consultation, le temps peut être rapporté à une minute, ou tout au moins à la seule saisie des commentaires et des saisies administratives.

De plus, les outils que nous appellerons préventifs, ou d’aide à la prévention permettront sur la base des données collectées de faire encore gagner du temps dans la démarche diagnostique.

Seulement, les médecins sont encore frileux. Les motifs ne manquent pas et sans ici en faire un florilège, ils vont du plus irrationnel au plus pragmatique. Il suffit de lire les publications, les réseaux sociaux où les esprits chagrins ne manquent pas de s’éprendre sur leurs doutes, leurs inquiétudes, les positions dogmatiques…

Ces réticences ressemblent à s’y méprendre à celles qu’avançaient les médecins lors de l’avènement de la carte vitale et des premières feuilles de soins électroniques qui n’auraient jamais survécu si les patients ne s’étaient pas emparés du sujet, bien conscients des bénéfices que Sesam-vital représentait pour eux largement encouragés par les communications ministérielles et des CPAM. Seuls les professionnels de déserts médicaux ont pu, à l’époque, s’y opposer.

Dans l’avènement de la santé interconnectée, les associations de patients peuvent donc encore avoir un rôle majeur.

Redevenus le centre de toutes les préoccupations, le patient et ses représentants ont pris un poids considérable dans les discussions et les négociations relatives à la santé. Et ils peuvent imposer leur volonté s’ils ont conscience des bénéfices qu’ils en tireront.

Tout d’abord, les associations de patients vont pouvoir exercer une influence sur les praticiens et les autorités de tutelle afin d’imposer la santé interconnectée dans les mœurs. En effet, quel patient ayant le choix irait aujourd’hui encore chez un médecin refusant la carte vitale, devenue un des critères de choix de son praticien dans le passé ?

Ensuite, la santé interconnectée va rendre au patient la propriété de ses donnéesjusqu’alors éparses dans les différentes bases de données des médecins que ceux-ci conservent jalousement comme leurs et permettre au patient de se responsabiliser, de régir les accès à ses données (dont on voit tout de suite les applications notamment dans les cas d’urgence) et au final améliorer le suivi et la santé publique.

Alors messieurs les patients, est-ce vous qui digitaliserez vos soignants ?

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