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De l’illumination à l’esprit pionnier : la pensée visionnaire

Pour commencer ce billet, je vais vous poser une petite devinette humoristique de mon cru : savez-vous quelle est la différence entre un illuminé et un visionnaire ? … Sa réussite ! En effet, c’est la réussite à faire naître dans l’esprit des autres la confiance, l’envie, l’enthousiasme et toutes ces émotions qui poussent et entrainent les autres à nous suivre. Alors non, tous les illuminés ne sont pas visionnaires mais d’une certaine manière, un visionnaire est un illuminé qui a réussi à transmettre sa vision et faire adhérer à sa démarche créatrice.

Cette réussite est très liée à la personnalité du visionnaire et à la crédibilité qu’il apportera à son projet par sa structuration de pensée, sa force de conviction, son allant communicatif et sa détermination.

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Le test MBTI est un test bien connu des psychologues. Il recense 16 types de personnalités selon 4 critères avec chacun deux possibilités. N’ayant été que très succinctement été initié au procédé -mais par des intervenants d’un talent certain-, je me contenterai de m’arrêter uniquement sur le deuxième critère qui permet de mieux comprendre le l’organisation de la pensée d’une personne selon le degré d’intuition. 

De mémoire, je dirais que les lettres sont N et S pour iNtuition et Sensitif.

Un intuitif est quelqu’un qui pense global avant de penser détail, il a besoin de « voir l’arrivée » avant tout.

Un sensitif a besoin « d’arpenter le chemin » et donc de découvrir pas à pas le déroulement d’un raisonnement.

Pour citer mes maîtres en la matière, l’intuitif monte son étagère en kit sans ouvrir le plan, le sensitif suit scrupuleusement le manuel. On pourrait ajouter en transposant de l’autre côté de la barrière, un intuitif imagine le meuble et un sensitif détaille les étapes de sa réalisation ou organise le rangement dessus.

Vous vous reconnaissez ?

Vous l’aurez compris, on est jamais ni tout l’un, ni tout l’autre, mais naturellement, nous avons une préférence pour mode de fonctionnement. Aucun des deux n’est supérieur à l’autre et il faut beaucoup d’efforts et de persévérance pour s’entrainer à être compris par l’autre typologie. Pour un N à structurer sa pensée et pour un S à donner la direction.

Ainsi, il n’est pas donné à tout le monde de pouvoir suivre un raisonnement pas à pas sans en voir la finalité, on court le risque de « perdre » certaines personnes, les N, en route, tout comme il n’est pas donné à tout le monde de se faire aisément une idée globale avant de passer au détail, et pour les S, le raisonnement de N « va trop vite en besogne ».

Le N va naturellement se faire une idée générale, et peut parfois prendre le risque de passer pour un farfelu de prime abord. Selon moi, le visionnaire est plus naturellement un N qu’un S.

Heureusement pour lui, des méthodes existent afin de rationaliser sa démarche, mesurer et réduire les risques et structurer sa pensée de manière à rassurer les S qui l’écoutent. -Cf Stratégie océan bleu, Business model nouvelle génération pour ne citer qu’eux- et puis, il faut aussi dire, il s’est beaucoup entrainé et a déjà beaucoup connu d’échecs qui l’ont amené à se remettre en question.

Mais quel rapport avec la santé interconnectée ?

Historiquement la tendance de l’informatique médicale était à l’enrichissement fonctionnel des solutions sous les conseils de quelques experts ayant permis d’avancer jusqu’à la limite de l’optimisation permise par cette logique.

Personne n’exploite ne serait-ce que 50% des possibilités de son logiciel, mais personne n’utilise non plus les mêmes fonctions que son voisin.

La personnalisation du logiciel est une des réponses les plus adaptées qui ait été apportée, là encore avec ses limites, avez-vous seulement mis les mains une seule fois dans les fonctions de personnalisation d’un logiciel métier seul ?

Mais à bien y regarder, quels étaient les gains au-delà d’une gestion médico-administrative simplifiée et une prescription sécurisée ? Quels étaient les écueils au quotidien pour les médecins dans l’utilisation de ces solutions ?

Il fallait regarder sans a priori le travail d’un médecin au quotidien et imaginer où lui apporter de la valeur dans son métier : la médecine.

Il est naturellement apparu qu’il fallait lui faire gagner du temps -du moins pas lui en prendre dans une première phase, c’est seulement après que vient le gain-, dégager son attention de l’écran et l’assister le plus possible afin qu’il puisse pleinement se consacrer à son métier : soigner, et ce dans les meilleures conditions possibles, avec le moins d’entraves possibles, en lui facilitant la vie au maximum. Je vous invite à consulter une série de thèses soutenues à Paris Descartes en 2012 sur le thème de l’empathie pour en mesurer l’impact sur les résultats des actions de soins.

Steeve Jobs était un obsessionnel du design, c’est d’ailleurs avec l’ergonomie, la convivialité, l’innovation qui ont fait la réussite de ses produits et la renommée de sa marque -après l’avoir largement été considéré comme un farfelu-.

C’est ainsi qu’est apparu l’intérêt, tant ergonomique et qu’en terme de productivité, de coupler les appareillages, que nous appellerons lourds type Echographes, ECG, EEG etc.. de consultation avec les outils métiers pour pouvoir en extraire automatiquement les valeurs et les réexploiter afin de les valoriser médicalement en les confrontant aux autres données du dossier médical.

Puis sont arrivés les stéthoscopes Bluetooth, les objets connectés en tous genres, de la balance au tensiomètre, voire à la fourchette et autres traqueurs d’activité.

Et là, quand vous disiez que ces outils connectés permettraient de faire de la médecine, d’optimiser la relation médecin/patient, on vous regardait avec des yeux écarquillés, un peu comme si vous tombiez sur un extraterrestre en allant chercher votre pain ou plus de manière plus paillarde, comme une poule devant un couteau.

Pourtant, que quantifient ces outils ? Des variables et des constantes issues de notre corps. Et qu’étudie la médecine ? Les mêmes variables et mêmes constantes.

Même la psychiatrie ! Et oui cette discipline que d’aucun considère, dans une vision un brin romantique, comme le soin de l’immatérielle psychée, n’échappe pas à cette logique, presque neurologique voire endocrinienne.

Le psychiatre moderne considère plus la psychée comme la fumée résultant des réactions chimiques dans un tube à essai que comme une manifestation de l’âme.

Déficit en sérotonine ? Excès d’endorphine ?

Tout ceci se régule maintenant avec des molécules et permettent aux patients atteints de troubles psychiatriques de vivre quasi normalement, enfin selon les standards socialement admis dirons-nous plutôt, comme un diabétique avec son insuline.

Dans cette école, inutile de raconter le traumatisme subi, les circonstances, ce qui intéresse c’est la régulation des hormones, neurotransmetteurs principalement.

Ainsi, même en psychiatrie, la santé Interconnectée peut apporter sa pierre à l’édifice préventif et prévisionnel par la mesure, la quantification de ces variables/constantes et leur confrontation avec les recommandations et descriptifs émanant des personnes et institutions faisant autorité en la matière.

Mais pour imaginer un tel dispositif, encore faut-il connaitre un tant soit peu l’état de l’art de part et d’autre de la barrière, versant médical et versant technologique, pour pouvoir mettre en relation ces éléments disparates.

Et comme toute idée nouvelle, elle est d’abord apparue improbable voire carrément loufoque, saugrenue, trop avant-gardiste, irréalisable et cætera…

Maintenant, en 2015, l’illumination semble avoir laissée la place à l’esprit pionnier en matière de santé interconnectée. En effet, on ne compte plus les publications, startups, entreprises traitant du sujet. C’est que le travail porte ses fruits.

On ne regarde plus les militants de la santé interconnectée comme de gentils rêveurs ayant peut-être un peu trop baigné dans la science-fiction façon Asimov, Georges Orwell et autres Georges Lucas mais comme des pionniers à la conquête de l’Ouest car technologiquement, infrastructurellement, intellectuellement, c’est devenu possible.

En fait, la santé interconnectée n’est que l’évolution logique de l’informatique médicale et de la médecine.

Elles vont se potentialiser l’une l’autre et chacune des deux disciplines va faire avancer l’autre pour le bien des patients, une meilleure gestion des risques liés aux modes de vie, une meilleure prise en charge de l’aigu, une meilleure personnalisation des soins comme les marketeurs personnalisent leurs relations avec leur clientèle par le biais du Big Data/Smart Data.

Elle n’a rien de révolutionnaire, elle ne fait que mettre en relation des éléments qui avaient jusqu’alors un potentiel inexploité par des logiques en silos sans transdisciplinarité. Elle ne fait que créer une symbiose entre des éléments existants pour en tirer le meilleur dans l’intérêt de tous et palier aux manques des uns et des autres.

L’Homme est imparfait, la machine également, mais nous avons déjà pu constater dans de nombreux domaine le potentiel de leur collaboration intime.

Il reste beaucoup de travail mais la pompe s’amorce et l’on voit ça et là tant des similarités dans les démarches, des initiatives tendant toutes vers le même objectif -encore mal défini-, tâtonnant et cherchant leur voie sur ce marché et cette démarche de personnalisation des soins.

Même l’ordre des médecins s’est penché sur la question au travers de son livre blanc et veille à ce que l’aventure ne se termine pas en un remake de Mad Max.

Un retour vers le futur 4.0 ? 

Ça tombe bien car Marty et Doc doivent arriver en 2015 selon le premier opus… Enfourchons nos Hoverboards  !!!

« Heureux les fêlés car ils laissent passer la lumière » – Michel Audiard 

« Il n’y a pas de génie sans un grain de folie » – Citation attribuée à Einstein

Source photo de Une : musique.jeuxactu.com

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