Médecine
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Objets connectés : cette prétendue méfiance des médecins

« Les médecins « méfiants » à l’idée de recommander une application ou un objet connecté » C’est le titre d’un article paru dans TIC santé, une publication basée sur le témoignage du Dr Vincent Perez, médecin généraliste, qui faisait part de la méfiance de ses confrères quant à l’évolution de l’e-santé.

Dans cet article, est aussi cité aussi Maitre Pierre Desmarais, avocat dont les compétences en matière de droit de l’e-santé ne sont plus à démontrer et que nous publions régulièrement dans nos colonnes. Il y affirme la nécessité « d’intégrer les produits de l’e-santé dans une « sphère de confiance » par l’intermédiaire d’une évaluation ou d’une labellisation de l’objet ou de l’application. »

Méfiance des médecins face aux objets connetcés

Lors du partage  de cet article sur les réseaux sociaux, les commentaires ont fusé ! Dont ceux du Dr Loïc Etienne, Président de Medical Intelligence Service; du Dr Arnaud Depil-Duval, chef de service des urgences au Centre Hospitalier Eure-Seine; de Thérèse Psiuk, auteur d’ouvrages en lien avec le raisonnement clinique et membre du comité de pilotage du Master a Lille « coordination des trajectoire de santé », de Louis Silva Bouclon Directeur Exécutif chez Smedics, et enfin du Dr Charles Nahmanovici, gynécologue et co-responsable scientifique Gyn-Monaco, Connected Health Monaco, Woman’s Institute of Monaco

Loïc Etienne :

N’y a t-il pas une certaine hypocrisie dans cette prétendue méfiance des médecins face aux objets connectés ? En effet :

  • Que demande un médecin à son patient insulino-dépendant ? : « A combien est votre glycémie ? »
  • Que demande un médecin à son patient hypertendu qui a un tensiomètre ? : « A combien était votre tension ? ».

Et cela on peut le reproduire pour tous les objets connectés : la température chez les enfants, la saturation chez les insuffisants respiratoires, le pouls chez les porteurs de pace maker, etc.

Je veux dire par là, que lorsque le médecin a besoin de ces données pour comprendre la situation de son patient, il est ravi que son patient en dispose. Mais si par hasard, on sort du « silo » que constitue un hypertendu, un diabétique, un insuffisant respiratoire, etc., le médecin voit cela d’un mauvais oeil.

Alors, pourquoi ?

Il me semble que la raison tient au fait que si le patient, muni d’un algorithme intelligent lui permettant de relier toutes ces données, était en mesure de comprendre exactement son état, le médecin aurait l’impression de perdre de son pouvoir, qui réside en partie (très faible en fait) sur la méconnaissance de son patient.

Je retrouve là, les mêmes réticences que celles que j’ai rencontrées il y a 28 ans quand j’ai ouvert le premier service minitel d’information santé (un Doctissimo avant l’heure). Que n’ai-je entendu ! Alors que maintenant, nous en sommes au second avis par internet… (no comment !).

Même si certaines initiatives peuvent sembler peu éthiques, voire dangereuses, les médecins ne doivent pas avoir peur d’un patient informé, intelligent, voire expert. Cela ne lui retire rien, car un tel patient est un allié, un donneur d’alerte, un partenaire.

Pour le reste, les applis, c’est comme les melons, c’est en les goûtant qu’on voit s’ils sont bons. Ou non.

Arnaud Depil-Duval

Je pense que cette « méfiance » comporte deux points :

  • Les médecins français sont « conservateurs » ; il est parfois difficile de faire rentrer des techniques qui changent de l’habitude (écho pour les voies centrales, stéthoscope électronique, etc)
  • La peur irraisonnée que l’objet va tuer la relation médecin-malade alors qu’au contraire les objets libèrent du temps en fournissant des données déjà traitées et parfois analysées.

Ce n’est pas une généralisation mais il y a des barrières psychologiques à faire tomber

Therese Psiuk

Je préfère le doute a la méfiance ce qui nous oblige à rechercher les connaissances à tester, utiliser et évaluer en fonction d’indicateurs précis tels que la fiabilité des données, la rapidité des données comparatives, la collaboration du patient expert et j en suis également persuadée la meilleure qualité de la relation patient – soignant

Louis Silva Bouclon

Un sujet assez délicat, en effet, mais tout aussi passionnant ! Hormis la question très sensible des bases de données, il y a l’autre aspect tout assez délicat, lui aussi :

Comment introduire les applis dans les recommandations médicales ? Sur quelle base ?

Un certificat avec le « sceau » officiel d’une société médicale, une association de malades, une recommandation par l’ANSM, en utilisant un circuit semblable à celui du médicament (avec AMM) avec une recommandation 1ère ligne, 2ème, etc sous forme de prescription ? Pourquoi pas ? …

Un enjeu absolument défiant !

Le mot de la fin au Dr Charles Nahmanovici

Je suis plutôt d’accord avec Loïc Etienne. Il y a trop d’hypocrisie. Soyons pragmatiques.

Que demande le patient ? A être soigné le mieux possible. Pour la confidentialité des données, c’est à lui de décider jusqu’à quel point il est d’accord pour divulguer les infos le concernant . Il ne faudrait pas que les « droitsdel’hommistes » fanatiques fassent passer leurs principes avant la qualités des soins. Il y a un juste milieu à trouver

Source photo : 01net.com

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