Observance
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L’ordonnance a 200 ans, un outil à rajeunir!

L’ordonnance, vieille de 200 ans, est un outil sous exploité, à rajeunir !

ordonnance

Le 25 juin, le Professeur DERAY de la Pitié-Salpêtrière a présenté les résultats à mi-parcours de l’étude IPOP du laboratoire TEVA sur l’observance de patients de plus de 65 ans poly-médicamentés à domicile.

493 dossiers patients ont été analysés sur 50 officines (sur 1000 au total). Les résultats de l’étude complète seront connus fin 2015.

« La iatrogénie doit être une cause de Santé publique nationale » : dit le Pr DERAY.

Les effets iatrogènes se déclinent comme des risques tels que : la confusion, la chute, les malaises, les troubles urinaires, digestifs, nutritionnels, les réactions cutanées avec au final l’hospitalisation et parfois le décès.

Tous les professionnels de Santé sont impliqués dans la surveillance de la iatrogénie.

Il en ressort de plusieurs enseignements :

Il est urgent de rénover l’ordonnance, cet outil de liaison majeur entre les professionnels de santé et les patients.

L’ordonnance est un lien entre le médecin et le pharmacien sous-exploité.

Il faut interfacer les outils informatiques d’officine et celui du médecin.

L’ordonnance n’a pas changé depuis 200 ans : pourquoi n’a-t-on pas l’âge du patient, son insuffisance rénale, sa créatinine ?

  • 57% des pharmaciens ignorent si le patient a une insuffisance hépatique rénale ou une maladie cardiovasculaire.
  • Seul un pharmacien 1 sur 2 propose des horaires de prise des médicaments.
  • 91% des pharmaciens délivrent des conseils récurrents aux patients et 68% signalent verbalement les interactions médicamenteuses.
  • 30% des patients disent ne pas savoir pourquoi leurs médicaments ont été prescrits.

Pour adapter les ordonnances au patient, il faut mettre en interface les outils informatiques déjà existants pour éviter les risques iatrogéniques

  • 88.8% des patients préparent et prennent leurs médicaments seuls.
  • 59% des patients sont en quête d’informations sur leurs médicaments prescrits.

En conclusion, de ces premiers résultats, il ressort que le pharmacien n’a pas suffisamment d’éléments cliniques sur l’ordonnance pour adapter la posologie.

Le pharmacien reste l’interlocuteur privilégié pour les informations et conseils sur les médicaments.

Un effort est à faire sur l’interaction entre les logiciels de prescription et les logiciels de pharmacie.

Pour rajeunir de 200 ans, on pense à une ordonnance numérisée et mise à disposition sur un hébergeur de Santé que le pharmacien récupèrerait par une liaison sécurisée pour la délivrance au patient.

Des analyses biologiques seraient consultables sur le dossier du patient (ionogramme, créatininémie, ….). 

Le patient « numérique » va se placer au centre du système de Santé avec ses données de Santé accessibles aux professionnels de Santé pour un meilleur suivi et une meilleure observance en minimisant le risque de iatrogénie.

Source photo : ©Rino – utip-association.org

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Pharmacien mais pas que !

Il y a 2 commentaires

  • Philippe Galipon dit :

    [1436453133]Le problème n’est pas nouveau Voila plus de 20 ans qu’on parle de l’ordonnance dématérialisée
    Mais sans vision haute du circuit du medicament / traitement ( de la prescription à la dispensation et auto-administration par le patient) c’est mission impossible; chaque acteur professionnel travaillant en silo et ne debordant pas de son domaine Exemple avec le Dossier pharmaceutique dont on se demande quelle en est l’utilité alors meme que le système est incapable de prévenir des contre-indications via des pathologies en cours ou autres antécédents médicaux comme souligné dans l’article

    Au même tître d’une evolution indispensable, la notice medicament a destination du patient Inchangée, illisible et pratiquement jamais lue . La aussi , à l’heure des TIC santé il faudrait readapter les outils pour plus d’efficience

    De tout cela nous sommes un certain nombre a œuvrer pour ces améliorations indispensables ; le seul frein reste en France nos soi-disant experts du ministere de la santé

    Philippe Galipon

  • Philippe Galipon dit :

    Le problème n’est pas nouveau Voila plus de 20 ans qu’on parle de l’ordonnance dématérialisée
    Mais sans vision haute du circuit du medicament / traitement ( de la prescription à la dispensation et auto-administration par le patient) c’est mission impossible; chaque acteur professionnel travaillant en silo et ne debordant pas de son domaine Exemple avec le Dossier pharmaceutique dont on se demande quelle en est l’utilité alors meme que le système est incapable de prévenir des contre-indications via des pathologies en cours ou autres antécédents médicaux comme souligné dans l’article

    Au même tître d’une evolution indispensable, la notice medicament a destination du patient Inchangée, illisible et pratiquement jamais lue . La aussi , à l’heure des TIC santé il faudrait readapter les outils pour plus d’efficience

    De tout cela nous sommes un certain nombre a œuvrer pour ces améliorations indispensables ; le seul frein reste en France nos soi-disant experts du ministere de la santé

    Philippe Galipon

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