Innovation
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Les interviews e-santé : Juan S. Suarez V – Bress Healthcare

Après avoir rencontré deux start-up dédiées au suivi patient et à son « empowerement« , direction Montpellier pour découvrir une jeune pousse dédiée avant tout aux professionnels de santé. Comment le numérique peut accélérer l’accès aux soins dans les pays en développement ? Comment ce numérique peut faciliter la collaboration médicale en temps réel sur des cas compliqués ?

Rencontre avec Juan Sebastián Suárez Valencia, CMIO de Bress Healthcare et président de la commission R&D au sein de France eHealthTech.

Juan Sebastián Suárez Valencia Bress Healthcare

Tout d’abord pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je suis médecin à l’hôpital Jean Jaurès à 40% de mon temps. Le reste du temps je suis Chief Medical Informatics Officer et cofondateur de la start-up Bress Healthcare et aussi président de la commission R&D au sein de l’association France eHealthTech.

Aujourd’hui en plus de votre activité médicale vous travaillez sur la plateforme Bress Healthcare. Quels sont les points forts de votre plateforme ?

Aujourd’hui la plateforme est :

  • Entièrement en ligne, donc accessible partout dans le monde
  • Modulaire car il y a différents outils adaptés aux différentes pathologies et situations cliniques, qui vont des simples photos à la télé-échographie cardiaque pédiatrique, en passant par des tableaux de synthèse thérapeutique
  • Contextualisée, car nous travaillons avec des partenaires locaux pour que les fonctionnalités soient parfaitement adaptées aux ressources et connaissances locales non seulement médicales mais aussi techniques

Finalement on met en valeur tout ce qui est point-of-care, c’est à dire les soins au lit du patient que ce soit à l’hôpital dans une grande ville des Etats-Unis, comme au domicile du patient dans un village du Nigeria.

  • Qu’est ce qui différencie Bress Healthcare des autres plateformes de télé-médecine qui se développent actuellement ?

Elle a été réfléchie pour être accessible dans les conditions les plus extrêmes, mêmes avec de l’électricité et/ou internet accessibles de manière intermittente voire inexistante dans certains cas.

Simplicité : l’interface d’utilisation est pensée pour être la plus simple et ergonomique possible. Créée de A à Z, elle a été conçue par des médecins pour des médecins.

La pérennité de la solution est un enjeu majeur sur trois plans. Sur le plan technique, car les technologies que nous utilisons sont robustes. Sur le plan médical car nos interfaces offrent aussi de l’embedded-learning, c’est à dire que les utilisateurs apprennent en les utilisant. Et finalement économique, car,  par des économies d’échelle nous réduisons drastiquement les coûts jusqu’au point où un jour les utilisateurs finaux pourront payer les services médico-sociaux à presque même valeur économique finale.

  • Bress Healthcare s’imagine déjà comme le compagnon indispensable des praticiens dans leur exercice quotidien, à quels moments-clés du parcours de soin intervenez-vous ?

Ça dépend surtout du contexte clinique. Nous pouvons intervenir par exemple tout simplement quand des médecins doivent se retrouver autour d’un cas complexe, comme les RCP (réunion de concertation pluridisciplinaire) en cancérologie ou maladies infectieuses. Mais aussi quand un médecin considère qu’il nécessite les compétences d’un spécialiste pour une question ou situation clinique particulière, que ce soit à cause de la complexité du cas ou du contexte et du manque de ressources.

  • La solution est conçue principalement pour fluidifier le parcours de soin côté professionnel de santé, qu’en est-il d’un éventuel accès patient ?

Nous avons décidé de privilégier l’approche médicale exclusive. La raison de cela est tout d’abord l’exactitude des informations nécessaires à pouvoir fournir des réponses adaptées et fiables. Néanmoins, nos produits ont des caractéristiques techniques qui leur permettent d’être utilisées à n’importe quel endroit sur le globe.

La finalité est bien de donner un accès aux soins à l’ensemble des patients sur la planète.

Alors, nous travaillons avec deux ONG différentes sur ces projets, cela traduit le caractère modulaire dont j’ai parlé.

La Chaîne de l’Espoir utilise le module de télé-échographie. Le but de ce projet est de donner la possibilité aux enfants qui ont des malformations cardiaques de se faire dépister et de choisir des soins adaptés. Ces soins se feront soit avec des ressources locales comme des centres de soins, soit en donnant les moyens aux enfants de venir en France pour y bénéficier d’une chirurgie qui leur sauvera la vie.

Nous collaborons avec Solthis dans un projet plus vaste, qui englobe trois maladies infectieuses qui sont endémiques en Afrique : le VIH, la tuberculose, et le paludisme. Il est difficile de rentrer dans les détails, mais il s’agit toujours de télé-expertise et de formation des professionnels de santé locaux.

  • logo_France_eHealth_Tech_Q1-480x193En parallèle vous êtes aussi depuis peu président de la R&D pour France eHealthTech, en quoi consiste cette mission ?

Ma mission est de promouvoir la R&D au sein des start-up de l’association. Concrètement j’interviens pour accompagner sur 3 axes :

  • Dans la conception d’un produit

Pour mettre en relation le monde académique de recherche avec les institutions et moyens qui permettent de transformer les fruits de la recherche en produits viables.

  • Dans l’amélioration d’un produit

En encourageant les start-up à toujours améliorer leur savoir-faire. Que ce soit avec le monde académique traditionnel mais aussi avec les living-labs et les fab-labs. Ces living-labs peuvent aussi être représentés par la seule action de mettre les créateurs et les utilisateurs ensemble autour d’une table : entrepreneurs et médecins par exemple.

C’est le cas de notre événement Occurrens qui s’est déroulé le 6 avril 2016 à La Paillasse, endroit paradigmatique dans la philosophie globale de l’innovation.

  • Dans la preuve d’impact

Encourager et aider les start-up à faire de la recherche clinique : Saint Graal dans le domaine de la santé et étape incontournable pour que les professionnels de santé intègrent l’innovation dans leur pratique quotidienne.

  • A l’heure où la santé connectée prend son envol dans le monde entier, quels sont les objectifs de ce rassemblement français ?

Le but est plutôt simple : celui de lui donner une seule voix à l’ensemble des acteurs. La santé connectée prend son envol certes, mais elle fait aussi face à des nombreux obstacles que les autres secteurs ne connaissent pas forcément, comme les serveurs agréés ou pour les barrières psychologiques ou générationnelles dans l’acquisition des nouvelles technologies. Car bien évidement la santé concerne tous les êtres humains mais à des moments et des circonstances radicalement différents.

  • connectedhealth-Monaco _HD_RVBOn vous retrouvera sur le salon Connected Health Monaco, qu’attendez-vous de ces 2 jours au coeur de l’innovation médicale ?

Le salon va nous offrir plusieurs choses

  • Découvrir l’événement dont on entend beaucoup de bien dans le domaine de la e-santé
  • Une vitrine dans les deux sens, c’est à dire que cela nous permettra de voir ce qui se fait ailleurs mais aussi de faire connaître notre solution
  • Pouvoir consolider des partenariats avec des acteurs internationaux dans la e-santé

Merci Juan !

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