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Genoskin : une alternative aux tests réalisés sur les animaux

Genoskin exporte aux Etats-Unis son alternative aux tests réalisés sur les animaux. La start-up de biotechnologie va ouvrir un centre de production à Boston en vue de réutiliser de la peau humaine issue de dons de patients

Genoskin, société qui offre une alternative aux tests sur les animaux en prélevant de la peau humaine issue de dons de patients et en la rendant viable, annonce aujourd’hui son installation en Amérique du Nord. La start-up de biotechnologie ouvre un bureau à Boston (Etats-Unis). Elle prévoit d’ouvrir un centre de production dans la région au premier trimestre 2018.

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Genoskin offre une alternative unique aux expérimentations sur les animaux. Elle utilise de la peau humaine excédentaire maintenue vivante dans des matrices afin de permettre des tests. La peau est récupérée après certaines procédures de chirurgie plastique, comme les plasties abdominales. Habituellement, les hôpitaux se débarrassent de ces excès de tissus après l’opération. L’équipe de Genoskin recycle ces morceaux de peau et les transforme en un modèle de test breveté à destination des entreprises cosmétiques, pharmaceutiques et chimiques, ou des institutions de recherche. La biopsie est placée dans une matrice biologique spéciale permettant de maintenir la peau vivante durant plusieurs jours.

A la différence de la peau animale, bio-imprimée ou développée en laboratoire, le modèle de tissus de Genoskin contient de la vraie peau humaine vivante, permettant d’étudier la toxicité et l’efficacité des médicaments et composés sur un modèle aussi proche que possible de la peau humaine in vivo.

 
« Les essais sur les animaux sont inefficaces, longs, coûteux et de plus en plus mal perçus du grand public. Notre technologie marque un tournant dans ce domaine. Nos modèles de peau humaine permettent de contourner tous ces problèmes, tout en éliminant l’obstacle majeur de la différence entre tissus animaux et humains en matière d’efficacité et de toxicité », explique Pascal Descargues, fondateur et PDG de Genoskin. « Nos modèles de peau aident les organismes de recherche et les entreprises pharmaceutiques, cosmétiques et chimiques à obtenir des résultats plus prédictifs et à réduire ainsi leurs coûts de R&D. »

De plus en plus de pays interdisent l’expérimentation animale pour les produits cosmétiques, par exemple au sein de l’Union Européenne et en Inde. Aux États-Unis, les tests réalisés sur des animaux sont de plus en plus controversés. En outre, comme les tissus animaux diffèrent des tissus humains sur de nombreux points, la majorité des médicaments validés chez l’animal au cours d’études pré-cliniques ne sera jamais commercialisée (1)(2), principalement en raison de problèmes de toxicité et d’efficacité chez l’homme.

Le marché mondial des essais de toxicologie in vitro devrait atteindre €24,4 Mds d’ici 2021, soit une croissance de 14% par rapport à 2016 (3). Le marché pharmaceutique global est dominé par les États-Unis, et estimé à €303,3M, soit environ 40% du revenu mondial du secteur.

« Le marché américain est d’une importance capitale pour nous », ajoute Pascal Descargues. « Nous comptons déjà des clients en Amérique du Nord et nos ventes dans cette région ont représenté 30% du chiffre d’affaires global de la société en 2016. Nous sommes ravis de pouvoir mettre en place un nouveau centre de production aux États-Unis en 2018. »

La nouvelle unité de production de Genoskin sera située à Boston, l’un des plus grands centres de biotechnologies au monde, un environnement idéal où l’entreprise pourra accélérer son développement. En outre, l’unité de production locale permettra aux clients américains de profiter pleinement de la durée de vie et des avantages du produit. En effet, ils ne seront plus soumis aux procédures des douanes, de la FDA et/ou de la USDA, qui s’appliquent lors de l’entrée d’échantillons de peau humaine sur le sol américain.

Les modèles de Genoskin sont protégés par un brevet américain. A ce jour, il n’existe aucun modèle de peau équivalent sur le marché américain. La société a lancé une levée de fonds et est disponible pour des collaborations industrielles, financières et académiques en vue d’accélérer son expansion aux Etats-Unis.

genoskinA propos de Genoskin : fondée en 2011, Genoskin SAS est basée à Toulouse. C’est une spin-off du CNRS et de l’Université Paul Sabatier. La société fournit des modèles de peau humaine pour tester produits chimiques, pharmaceutiques et cosmétiques et éviter les tests sur animaux. Genoskin a développé une technologie de pointe permettant de maintenir vivants des échantillons de peau humaine, grâce à un système de culture ex vivo normalisé. La société utilise des tissus donnés par les patients à l’issue d’opérations de chirurgie plastique. Elle est certifiée ISO9001: 2015 et pilotée par une équipe expérimentée. 40% de son équipe a obtenu un doctorat. Genoskin a atteint son seuil de rentabilité en 2015. En 2016, 80% des revenus de Genoskin ont été générés par les ventes à l’export.
www.genoskin.com

(1) Briefing Cost of Developing a New Drug, Tufts Center for the Study of Drug Development. November 18, 2014
(2) Annual R&D General Metrics Study Highlights New Success Rate and Cycle Time Data, KMR Group Inc. August 8, 2012
(3) Global In Vitro Toxicology Testing Market by Product, Type (ADME), Toxicity Endpoints & Tests (Carcinogenicity, Dermal Toxicity, Genotoxicity), Technology (Genomics, Transcriptomics), Method (Cellular Assays), Industry (Pharmaceutical) – Forecast to 2021. Markets and Markets. June 2016

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