Innovation
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Gadgets vs dispositifs médicaux – La bataille doit s’engager

gadgets-ou-médecineGadgets et dispositifs médicaux, la différence tient à la connectivité Plus j’y réfléchis, et plus le terme de santé interconnectée me paraît plus adapté. En effet, si nous tentons de mieux dessiner les contours du concept, qu’est-ce que ce nouveau système 3.0, voire 4.0 car il me semblait que les versions 3.0 faisaient référence solutions en mode SAAS simples, aux applications sur internet.

Pour mémoire et pour faire simple,

  • 1.0 consultation d’information,
  • 2.0 collaboration, échanges et partage,
  • 3.0 Applicatifs déplacés dans le nuage,
  • 4.0 Nuages interconnectés et porteurs de sens ???

En effet, ce que tout le monde nomme santé connectée reste plus ou moins un internet des objets « stupides » où chaque objet transmet des valeurs à un smartphone ou une tablette qui va stocker des données que l’utilisateur pourra le cas échéant partager sous une forme brute avec son médecin, voire ses « amis » virtuels et parfois même, plus ou moins clairement à son insu, avec des organismes n’ayant pour objet que l’exploitation commerciale des données, et ce, le plus souvent hors cadre réglementaire et sans la moindre valorisation médicale.

Nous l’avons vu récemment, (merci Maître Desmarais), cette situation pose d’ailleurs de telles craintes que l’Union Européenne s’est emparée du sujet pour apporter un cadre réglementaire indispensable et, contrairement aux apparences, favorable au développement de l’économie par la création de confiance (je vous invite à consulter les ouvrages sur la négociation issus des recherches faites à Harvard).

L’UE reste donc fidèle à sa ligne libérale et permet de faire une différenciation claire entre des fabricants peu scrupuleux, presque usurpateurs et des professionnels de la santé, ayant la culture clinique, soucieux du respect des normes et codes de ces métiers si spécifiques, et par conséquent de créer un espace favorable au développement de l’économie.

En définitive, elle permet, si le contrôle est appliqué et que ces législations ne restent pas au stade des incantations, à la responsabilité de chacun, de faire un distinguo clair entre acteurs de santé et opportunistes. Si j’osais une transposition dans le domaine médical, entre le médecin et le guérisseur, magnétiseur et autres mages vaudou.

La santé connectée peut donc être considérée comme un socle, mais en aucun cas une fin en soi.

La santé connectée n’est qu’un gadget vite oublié mais dangereux pour la confidentialité de ses données sensibles dans le pire des cas, qu’une tâche supplémentaire pour le médecin, un acte de plus en l’obligeant à devenir « data scientist »  dans le meilleur des cas quand la santé interconnectée se veut facilitatrice.

Léonard De Vinci prétendait que l’ultime sophistication était la simplicité, c’est bien le but poursuivi par la santé interconnectée.

Elle a pour but de permettre à différents intervenants de faire transiter l’information filtrée et « prémâchée » par des systèmes que nous mettrons, pour plus de simplicité, dans la catégorie des systèmes d’intelligence artificielle, terme en vogue actuellement.

En réalité, il s’agit de confronter des données avec des bases de données de connaissances et de contrôler si tout est conforme aux normes, le cas échéant déclencher une alerte de prévention si un risque pour la santé du patient apparait (de préférence chez le patient pour lui dire « prenez RDV avec votre médecin« ), puis de proposer un protocole de prise en charge adapté et personnalisé au soignant une fois que celui-ci aura par son expertise validé les probabilités offertes par le système d’informations.

Pour parvenir à cet objectif, il apparait donc que chaque maillon de la chaîne doive présenter des garanties en termes de qualité et de fiabilité dans son domaine de compétences. Ce n’est donc pas un espace pour les amateurs.

On connait les impératifs de qualité sur le chaînes de production de l’industrie pharmaceutique, et le patient est droit, au regard des responsabilités engagées, d’en exiger un similaire en termes de fabricants d’outils de santé interconnectée.

Le médecin conserve sa position d’expert et gagne du temps, il est assisté par un subordonné informatique « infaillible » et corvéable à souhait, ou du moins, moins sujet à la fatigue, aux aléas de la vie et présentant la capacité d’acquérir et d’utiliser un savoir encyclopédique en peu de temps avec une conformité sans faille.

Un peu comme un GPS assiste un conducteur, c’est très aidant mais n’enlève aucunement la validation de l’humain. « Faites demi-tour dès que possible » sur l’autoroute par exemple n’est pas une instruction à suivre, et la responsabilité du GPS ne serait pas engagée.

En définitive, il apparait que la différence tient en la plus-value médicale et temporelle.

Les gains en termes de transmission d’information, d’utilisation des flux et coordination nécessitant un savoir-faire et une connaissance dont seuls de vrais acteurs de santé peuvent se prévaloir.

Source photo : ©Le Monde sciences Article février 2014 de Chloé Hecketsweiler, David Larousserie et Pascale Santi

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Il y a 1 commentaire

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