Economie
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Assurtech : des interrogations et un point d’étape

Assurtech, vers un nouveau lien assurance/assuré. Si vous suivez Connected Mag régulièrement vous avez dû vous rendre compte que certains événements du calendrier e-santé retiennent chaque année particulièrement notre attention, entre Monaco, Deauville et Castres. Cela tombe bien, l’Université d’été de la esanté arrive la semaine prochaine avec un programme très riche : parcours de soin, utilisation de la data patients, esanté dans les pays émergents… Aujourd’hui nous nous intéressons particulièrement à l’assurtech et à ce nouveau lien qui se crée entre assurance et assuré à l’heure des outils numériques.

Des interrogations et un point d’étape

Quand on parle d’assurance santé et de tech on imagine tout de suite un service totalement mobile et sans papier qui permettrait de gagner en efficacité dans les échanges avec son assurance ou sa complémentaire. Mais on pense aussi, pourquoi pas, à des contrats modulables où les “bons élèves” qui prennent soin de leur hygiène de vie paieraient moins cher que les autres.

Yann Ferrari, spécialiste du droit de la santé et directeur de la programmation de l’événement castrais coupe court à ces fantasmes car “en droit français ce n’est tout simplement pas possible”. Par contre “cela commence à se faire aux Etats-Unis avec des assureurs privés qui imposent l’utilisation d’objets connectés et d’applications de suivi pour suivre les assurés au quotidien. C’est encore à la marge mais cela existe”. Notamment avec Oscar, la pépite US de l’assurtech “qui intègre des outils de esanté dans offre de service. Avec ce système c’est l’assurance qui est récompensée par des primes si ses patients sont en bonne santé, mais il n’y a pas de pénalité dans le cas inverse”.

L’objectif de l’Université d’été est de faire un point d’étape sur les promesses de la esanté du côté de l’assurance, et de dégager des bonnes pratiques notamment du côté des Etats-Unis avec la présence de Kathleen Firsbee, Directrice Exécutive de la Santé Connectée du Département Américain des anciens combattants. Un exemple intéressant à suivre car “cet assureur public gère l’ensemble de la chaîne de valeur du parcours de soin avec ses propres médecins, hôpitaux et centres médicaux, et a pu intégrer la esanté à tous les niveaux” précise Yann Ferrari. Un retour d’expérience qui s’annonce très riche pour comprendre ce qui fonctionne, mais aussi les limites de ces solutions aujourd’hui.

assurtech-castres

Une opportunité de décloisonner les silos

Si les exemples les plus concrets nous viennent des Etats-Unis, ils sont difficiles à répliquer directement chez nous. Le système de santé n’a rien à voir et les acteurs sont d’autant plus variés et hétéroclites. En ce qui concerne la France, c’est encore un peu compliqué de faire cohabiter les assureurs et le numérique en santé :

“les outils de e-santé peinent à trouver leur place à la fois chez les assurés et chez les assureurs ce qui est compréhensible car cela est tout de même éloigné de leur activité historique”.

Il est vrai que pour la plupart des services proposés aux assurés en termes d’objets connectés et d’applications mobiles de suivi “les usages sont très faibles, il y a peu de gens qui s’intéressent, quelques uns qui testent, mais très peu qui utilisent ensuite régulièrement, c’est un vrai problème” remarque Yann Ferrari.

La esanté doit impliquer les assureurs mais doit aussi convaincre et embarquer les professionnels de santé et évidemment les patients car “si un outil de esanté ne remplacera jamais une prise en charge, il doit être efficace en complément pour prendre le relais au quotidien”.

Pour cela il faut que les différents acteurs se rencontrent et puissent échanger de façon constructive pour trouver des solutions. C’est l’âme et l’objectif de l’Université d’été de la esanté, qui s’adresse aussi bien aux universitaires qu’aux industriels, aux startups, aux professionnels de santé et aux patients.

Pour Yann Ferrari le programme de l’événement est conçu pour cela, pour “faire découvrir les projets novateurs à l’international afin d’identifier les blocages éventuels et faire se rencontrer tous les acteurs de cette esanté pour faire émerger les parcours de soin de demain”.

Un vaste programme que nous vous ferons suivre en live sur Connected Mag si vous n’avez pas la chance de pouvoir vous rendre sur place du 4 au 6 juillet prochain.

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Passionné par l'innovation numérique et rédacteur pour plusieurs titres en ligne, Thomas accompagne aujourd'hui la communication de ses clients start-ups et grands comptes dans la santé, le sport et la tech.

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